Je cherche, et je ne trouve pas. Il est de même pour les mots.
Quels mots élirent pour parler de vous ? Pardon, pour parler de nous ?
Quels adjectifs prendre pour vous dire combien je tiens à vous ? Les quels choisir pour évoquer nos nombreuses années de souvenirs ? Il y a le noyau, les pièces rapportées tout autour et le temps qui consolide tout ça si bien.
J'en perds mes mots, j'en perds le cours de mes larmes.
Lorsque je ferme les yeux je sens le sable sous mes pieds et le froid qui nous entoure, nous englobe. Je serre un peu plus fort les paupières et je peux sentir vos corps entassés sous le mien, ma tête contre la jambe d'Héloise ou bien celle de Zoé, ma main sur le pied d'Henri et les trois autres derrière, ou bien dessous. Je vois les étoiles au-dessus de nos têtes, le feu non loin de là. J'entends encore le jeu de mot qui concerne les palourdes, les mains d'Henri qui tripotent sa voisine dont je ne citerai le nom, avec pour excuse qu'il cherchait à mieux s'installer, le rire de Sharleen résonne sur la plage et les nôtres se mêlent au sien, presque malgré nous.
Je sens encore son épaule sous ma joue. Je vois encore Zoé autour de moi alors que mes mains sont prises sur les cordes et glissent sur le manche devant moi. Je sens encore ta présence sur mon dos et voilà que ma joue prend un goût de sel.
Tout est là, gravé si bien en moi que cela ne peut sortir sur le papier. Tout est là, en profondeur, parce que ce qui nous relie est si beau que c'est forcément un secret. Et que par conséquent il faut en prendre soin, le cacher. Ne faire que le chuchoter. De bouche à oreille, ne changez pas.




